Accueil                                               Le site Pour Marilou
Médias
Calendrier de nos actions
Sécurité routière
Témoignages et hommages      Adhésions
Comité scientifique Parrainages Remerciements
Actions
Mieux vaut en rire
Liens et adresses utiles
Contactez nous
Livre d'or



CANNABIS

Infos cannabis
Le cannabis au volant
Vos enfants et le cannabis
Vos copains, le cannabis et vous
Le point de vue des professionnels

JUSTICE

Legislation
Famille de victime : vos droits
Jugements


Infos cannabis

Cannabis, formes & modes de consommation

  • L'expérimentation
  • Principe actif et mode d'action
  • Les effets
  • Dépendance
  • Interactions avec d'autres produits
  • Utilisations thérapeutiques
  • Historique
  • Bibliographie

  • 1. Cannabis, formes & modes de consommation

    Formes

    L'herbe (Marijuana) :
    L'herbe est extraite des fleurs et des plantes séchées

    Le shit (haschisch) : Il est tiré de la résine secrétée par le chanvre indien (cannabis). Il se présente généralement sous forme de fines plaques compressées de couleur (en fonction de la région de production) marron, jaune... Parfois, le cannabis est mélangé à des aliments, il est alors assimilé par voie digestive. La substance active au niveau du cerveau (le THC, delta-9-trans tétrahydrocannabinol) est plus concentrée dans le haschisch que dans la marijuana. Les concentrations en THC sont très variables, allant de 10 % en moyenne pour le produit marocain à 25 % au minimum pour le népalais.

    Le prix payé en France pour le cannabis varie selon la provenance. Une barrette de 3/4 gr de haschich marocain «standard» coûte env. 15 € (100 F).

    L'huile : C'est la forme la plus concentrée en principe actif (Delta-9-THC). Elle se présente sous la forme d'un liquide vert foncé, marron ou noir obtenu à partir du haschich, purifié au moyen d'un solvant organique ou d'alcool, suivie d'une exposition au soleil pour évaporer l'alcool. L'huile est ajoutée aux joints, à la feuille du joint, à une cigarette ou est fumée à l'aide d'une pipe. Cependant, Il s'agit apparemment de la forme la moins répandue. L'huile contient environ 60 % de THC ; lorsqu'elle est consommée telle quelle, elle possède des effets hallucinogènes.

    Les produits à base de cannabis se présentent essentiellement sous deux formes en France : l'herbe, qui est un mélange de feuilles, tiges et sommités florales de la plante, et la résine de cannabis (haschich). De nouveaux produits ont fait leur apparition sur le marché français depuis 1998 : le « skunk », une variété de fleurs de cannabis origine des Etats-Unis et des Pays Bas et le « pollen » qui désigne les étamines des plants mâles.

    Les teneurs en 9-THC de ces divers produits sont très variables. Depuis 1996, sont apparus des échantillons très fortement concentrés, jusqu'à 31 % pour la résine et 22 % pour l'herbe. En 2000, 3 % des échantillons d'herbe et 18 % des échantillons de résine analysés contenaient ainsi plus de 15 % de 9-THC.

    Modes de consommation

    Il existe plusieurs modes de consommation qui varient en fonction de la forme du produit :

    Le joint, pétard, pet'... : cigarette (de toute taille et forme) roulée avec la fleur de cannabis ou de la résine de cannabis, voir avec l'huile et mélangée au tabac. Il s'agit du mode de consommation le plus répandu.

    La « douille » : Il s'agit d'une bouteille remplie en partie de liquide (le plus souvent d'eau) qui a pour but de faire passer la fumée à inhaler par le liquide dans le but de refroidir la fumée.

    La pipe à eau : Se calque sur le même principe que la « douille », seule la taille de l'instrument change, ainsi que la façon d'inhaler.

    La pipe : Son principe est le même que la pipe à tabac. La substance y est mélangée au tabac.

    Ingestion : La substance est mélangée aux aliments ou à un liquide (tisane, thé...). Ce mode de consommation par aliment est nommé par le préfixe « Space » (ex : Space cake)

    L'expérimentation

    Elle concerne essentiellement les jeunes de 15 à 19 ans. Les pourcentages de garçons et de jeunes filles déclarant avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie sont relativement proches. C'est surtout à partir de 15 ans que les jeunes expérimentent le cannabis.

    En France, l'expérimentation chez les jeunes de 15/16 ans a fortement augmenté, passant de 12 à 35 % entre 1993 et 1999 (enquête ESPAD). En revanche, pour des consommations répétées (au moins 10 fois dans l'année), la proportion de garçons est plus importante. Les chiffres des différents pays de l'Union européenne indiquent une hausse du niveau d'expérimentation au cours des années 1990, avec une stabilisation récente dans la plupart des pays. Globalement, la consommation de cannabis est plus expérimentale que durable.

    Au sein de la population scolaire et parmi les trente pays interrogés dans l'enquête ESPAD, l'usage de cannabis des élèves français de 16 ans (expérimentation comme usage répété) arrive en tête, pour les garçons comme pour les filles (Hibell et al., 2000). Seuls le Royaume-Uni et la République tchèque se situent au même niveau.

    Principe actif et mode d'action

    Le principe actif du cannabis est le r 9 Tétrahydrocannabinol (r 9 THC), dont voici sa formule chimique :

    Le chanvre est par ailleurs une plante riche en composés chimiques peu étudiés : on en dénombre aujourd'hui plus de cinq cents. Parmi les molécules ayant une activité biologique, l'on distingue le D-8-THC, composé psychoactif très secondaire, le cannabidiol (CBD), le cannabinol (CBN) et les cannabigerol, cannabicyclol et cannabichromène, ces derniers étant très peu actifs.

    Le cannabis est à la fois un psycho-stimulant et un psycho-dépresseur, c'est une substance psycho-active, agissant sur le système nerveux central. Le cannabis vient se greffer sur les cellules réceptrices spécifiques du cannabis dits CB1 quand ils se trouvent au sein du système nerveux et CB2 s'ils sont au niveau périphérique. Le rôle physiologique exact de ces derniers reste cependant inconnu. L'activation de ces récepteurs entraîne de nombreuses modifications dans le neurone post-synaptique dont le résultat est de freiner la libération des neurotransmetteurs. Tout concourt ainsi à réduire fortement la transmission synaptique entre neurones voire quasiment à supprimer l'activité neuronale.

    L'action du cannabis dans le corps est particulière, il vient donc se fixer sur les cellules limbiques (centre du plaisir) et s'y greffe durant plusieurs semaines. Ajouté à cela, il possède un effet cumulatif et un effet de stockage dans les graisses, les cellules du cerveau, ainsi qu'au niveau du foie et des poumons. Le risque associé à cette propriété de stockage, est que dans une éventuelle situation de stress, d'angoisse, dépression... le principe actif (r 9 THC) se libère alors dans l'organisme et rend le sujet immédiatement réactif au cannabis et positif à la consommation, même s'il n'a pas consommé depuis plusieurs semaines.

    Les effets

    Avant propos : Les effets spécifiques découlant de la consommation de cannabis ne sont pas uniques et varient très fortement en fonction de la situation psychologique, sociale, familiale et de l'état d'esprit du consommateur au moment de fumer, ils varient également en fonction de la teneur en THC du produit, et de son mode de consommation.

    De plus, les avis sur la question divergent, par conséquent les effets cités ci-dessous ne sont pas révélateurs de la situation de tous les fumeurs de cannabis.

    Les effets psychoactifs engendrés par la consommation de cannabis durent en moyenne 2 à 10-12 heures suivant la dose consommée et la sensibilité individuelle.

    Suite à la prise

    Effets physiques à court terme
    Sécheresse de la bouche et de la gorge
    Dilatation de la pupille, yeux rouges, voire larmoiements
    Augmentation de la fréquence et du débit cardiaques
    Modifications de la pression artérielle
    Troubles digestifs
    Détente musculaire
    Difficultés de concentration, allongement du temps de réaction et troubles de la coordination motrice,
    Troubles de l'attention, pensée fragmentaire, perte de mémoire à court terme
    Troubles de la locomotion et vertiges (lorsque l'on se lève en particulier)
    Baisse de la température du corps (sensation de froid)
    Diminution de la pression interne de l'oeil
    Effets psychologiques à court terme
    Modification de l'état de conscience, perception exacerbée de la lumière et de la musique
    Grande faculté d'association, accompagnée d'un besoin irrépressible de parler et de rire
    Euphorie et désinhibition
    Sensation agréable de détente, de légèreté, de bien-être
    Sentiment de communauté
    Conscience accrue de soi
    Modification de la perception du temps
    Etat de somnolence
    Quiétude, motricité réduite
    Indifférence et détachement vis-à-vis de l'environnement
    Etats occasionnels et atypiques de désorientation, de confusion, d'angoisse de dépersonnalisation, attaques de panique et de délire. (psychose cannabique qui semble faible par rapport au nombre de sujets consommateurs).
    Risques psychiques et physiques
    Altération des facultés cognitives (attention, concentration et capacité d'apprentissage), difficultés scolaires,
    Troubles de la mémoire à court terme
    Chez les personnes souffrant de troubles psychiques, les symptômes de la maladie peuvent être accentués. Les affirmations selon lesquelles le cannabis pourrait être directement responsable de cas de schizophrénie et de psychose ne sont pas suffisamment étayées.
    Démotivation associée, diminution de l'activité et perte d'intérêt (syndrome a-motivationnel)
    Troubles pulmonaires, bronchite chronique
    Cancers des voies respiratoires dus à l'inhalation de mélanges de cannabis et de tabac durant plusieurs années
    Des lésions du système immunitaire et du patrimoine génétique ont été décrites avant tout dans l'expérimentation animale, mais les preuves scientifiques ne sont pas établies pour l'homme. Il en va de même pour les troubles hormonaux
    Des retards de croissance chez le foetus et des troubles du comportement chez le nouveau-né ne sont pas à exclure
    Risques sociaux pour l'usager et son entourage liés aux contacts avec des circuits pour se procurer le produit,
    Risques d'accident. L'état euphorique engendré par le cannabis et ses effets particuliers (temps de réaction augmenté, capacité amoindrie de contrôle de trajectoire, réponses perturbées en cas d'urgence ...) sont incompatibles avec la conduite d'un véhicule, le maniement de machines complexes ou avec d'autres tâches requérant une attention soutenue.

    Effets sur la santé lors d'une consommation répétée et régulière (10 fois et plus par mois)

    Les études épidémiologiques sur les effets associés à la consommation répétée et régulière sur le long terme, sont encore fragmentaires et sont souvent contradictoires, entre les pro et anti cannabis.

    Cependant, il existe un risque sanitaire non négligeable avec la résine de cannabis qui est généralement coupée avec d'autres produits (henné, colles, paraffine, plastiques, huile de vidange, excréments d'animaux ...). Ce sont ces mélanges qui sont neurotoxiques.

    Il ne faut pas non plus occulter le fait que le cannabis est associé en général au tabac pour être fumé, par conséquent le risque de cancer y est accru lors d'une consommation sur plusieurs années. 4 " joints " équivaudraient à 20 cigarettes (1).

    L'évaluation du potentiel cancérogène d'un usage régulier de cannabis doit tenir compte de son mode de consommation (associé au tabac ou fumé pur sous forme de marijuana) : la quantité de goudrons présents dans la fumée d'une cigarette de cannabis (env. 50 mg) est plus élevée que celle que contient une cigarette de tabac (12 mg).

    Dans ces goudrons de cannabis, la concentration en produits cancérogènes est également plus importante. Les effets broncho-dilatateurs du 9-THC pourraient favoriser la rétention de goudrons au niveau de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et du larynx.

    Des transformations malignes apparaissent dans les cellules pulmonaires animales ou humaines après exposition in vitro à la fumée de cannabis. Des cas de cancers bronchiques et des voies aérodigestives supérieures (bouche, pharynx, œsophage et larynx) ont été signalés, depuis les années 80, chez des fumeurs de cannabis et de tabac, et également chez certains jeunes qui fument exclusivement du cannabis.

    Des études sont venues conforter ces observations, en suggérant que le cannabis était un facteur de risque pour la survenue de ces cancers, en particulier chez des personnes de moins de 45 ans. Les effets à long terme du cannabis sur le système nerveux central concernent essentiellement la mémoire à court terme, qui, chez les consommateurs intensifs (>20/mois) est altérée.

    Les recherches n'ont cependant pas apporté de démonstration d'une persistance dans le temps de cette perturbation. Des effets sur le système endocrinien ont également été observés. Ils se manifestent par une réduction des concentrations sanguines de testostérone et d'hormones hypophysaires, dont les conséquences physiologiques restent discutées.

    Quelques études ont montré qu'une consommation répétée importante de cannabis était associée à une diminution de la production des spermatozoïdes et à la présence de cycles sans ovulation chez la femme.

    (1) La revue du praticien - médecine générale. Tome 16 N° 561 du 28 janvier 2002

    Dépendance

    1. La dépendance psychique

    est l'état mental caractérisé par une impulsion qui requiert l'usage périodique ou continu d'une drogue dans le dessein de créer un plaisir ou d'annuler une tension

    2. La dépendance physique

    correspond à une exigence de l'organisme nécessitant, pour conserver son équilibre, l'apport régulier d'une substance chimique exogène (2).

    Concernant la dépendance liée au cannabis, le manuel diagnostique et statistique (DSM IV) de l'Association Américaine de Psychiatrie la décrit comme n'étant pas, en général, de nature physique.

    Dans la population de sujets ayant déjà consommé, ce risque concernerait 10 % des personnes. C'est dans la tranche des 15-24 ans que le risque semble plus élevé.

    Toutefois, un phénomène de tolérance, qui est un des critères diagnostiques de la dépendance physique, est observé chez les consommateurs.

    Il se caractérise par le besoin de quantités notablement plus fortes de substance pour obtenir l'effet recherché. Un syndrome de sevrage, de faible intensité, a également été décrit (nervosité, anxiété, signes de tension intérieure, insomnie, perte d'appétit ...).

    Il concernerait 16 % des gros fumeurs réguliers. L'existence d'une rechute est fréquente puisqu'elle concerne 75 % des usagers demandeurs de soins (3).

    3. La dépendance psychologique

    doit être prise beaucoup plus au sérieux. C'est en particulier lors de consommation régulière et d'état psychique fragile que le danger existe d'utiliser le cannabis comme " automédication ", en guise de compagnon de tous les instants, de moyen de fuite, comme solution illusoire aux problèmes.

    On a alors besoin du produit pour se sentir mieux, être en mesure de travailler, supporter des conflits, rencontrer d'autres personnes... Ce risque est d'autant plus grand que l'on commence de plus en plus jeune à fumer des joints régulièrement. Le risque de consommer de manière abusive du cannabis dépend de divers facteurs, individuels, sociaux et familiaux.

    L'expérimentation se fait lors de l'adolescence et constitue l'une des prises de marque de distance vis-à-vis de la famille et l'un des signes d'appartenance à un groupe.

    Les personnalités " fragiles " sont d'autant plus vulnérables ; des antécédents familiaux (alcoolisme, toxicomanie, tolérance familiale pour l'usage de substances psychoactives), relations familiales instables, cadre éducatif défaillant ...sont également des facteurs de risque bien identifiés de consommation abusive de produits psychoactifs, dont le cannabis.

    (2) Florent FARGES in Mieux vivre, mode d'emploi sous la direction de S ; Angel Larousse psychologies magazine 2002 ; p 265)

    (3) Spear SF, Ciesla JR, Skala MA. Subs. Use end insuse, 1999 ; 34

    Interactions avec d'autres produits

    De nombreuses études ont démontré que certains mélanges avec d'autres produits stupéfiants, médicaments...faisaient survenir des réactions secondaires dangereuses...(Alcool, autres psychotropes, opiacés, anti-dépresseur, anxiolytiques).

    Les conclusions d'une récente étude (4) ont permis de montrer que, chez les moins de 27 ans, la fréquence des accidents était multiplié par 2,5 avec le cannabis seul, cette fréquence augmentant à 4,8 avec l'alcool associé au cannabis et à 9 avec la morphine.

    TESTS SUR SIMULATEURS :

    Ces tests sont destinés à apprécier les capacités à conduire d'un individu, lorsqu'il est sous influence de drogue. De très nombreuses études ont montré que l'utilisation de tels tests confirmait les altérations significatives de la capacité à conduire un véhicule observables chez les sujets ayant consommé précédemment du cannabis (5).

    Ainsi Barnett et coll ont montré, chez des sujets ayant fumé une cigarette contenant 250 µg de THC par kg de poids corporel, que les effets négatifs (diminution du temps de réponse, sorties de route) du THC sur les performances de conduite étaient à leur maximum 15 min après consommation et qu'ils étaient observables pendant plusieurs heures (2 à 7 selon les paramètres étudiés).

    Par ailleurs ces auteurs ont montré, chez des sujets ayant fumé des cigarettes dosés à 100, 200 ou 250 µg/kg, l'existence d'une relation significative entre le nombre d'erreurs de conduite et la concentration de THC dans le sang.

    En matière de sécurité routière, le cannabis se présente donc comme une drogue aux effets les plus pervers. Considérée par certains comme une "drogue douce", cette substance possède en réalité une toxicité neuro-comportementale des plus redoutables pour le sujet ayant à effectuer des fonctions aussi complexes que la conduite automobile.

    Explicable par la connaissance des mécanismes d'action, cette neurotoxicité est attestée par les effets observés sur l'organisme, par les études épidémiologiques, les tests psychomoteurs, les tests sur simulateurs de conduite et les tests en situations réelles.

    Une nouvelle législation a été mise en place en France, fin 2001, instituant un dépistage systématique de stupéfiants chez les conducteurs impliqués dans un accident mortel, suivi d'une confirmation en cas de positivité.

    L'étendue et la gravité du problème auraient certainement mérité des mesures moins timides, mais nous pouvons espérer qu'il s'agit ici d'un premier pas vers d'autres mesures réglementaires ouvrant droit à des actions à caractère préventif tels que des dépistages au bord des routes ou aux sorties de boites de nuit.

    Les toxicologues analystes, qui travaillent depuis de nombreuses années sur ce thème, sont prêts à répondre aux besoins de la confirmation biologique. L'opinion publique est désormais sensibilisée à ce problème, bien qu'il soit certainement difficile pour elle de faire le tri entre les informations objectives émanant de scientifiques ou d'organismes officiels tels que la Prévention Routière et les contrevérités diffusées par les partisans de la dépénalisation.

    La balle est donc désormais dans le camp des Pouvoirs Publics, en espérant que les raisons financières ne l'emportent pas sur l'économie d'environ un millier de personnes qui meurent chaque année sur les routes à cause de cette plante au doux nom de cannabis. " ( P. Mura - Vice Président de la Société Française de Toxicologie Analytique).

    (4) Dr MURA, (CHU Poitiers) Prévalence de l'usage récent de psychotropes licites et illicites chez 900 conducteurs accidentés : comparaison avec 900 témoins.

    (5) Barnett G, Licko V, Hompson T. Behavioral pharmacokinetics of marijuana. Psychopharmacology 1985 ; 85 : 51-56
    Crancer A. Marihuana and simulated driving. Science 1969 ; 166 : 640
    Crancer A, Delay JM, Delay JC, Wallace JE, Haykin MD. Comparison of the effects of marihuana and alcohol on simulated driving performance. Science 1969 ; 164 : 851-854
    Milner G. Marihuana and driving hazards. The medical Journal of Australia 1977 ; 1 : 208-211
    Moskowitz H. Marihuana and driving. Accid Anal Prev 1985 ; 17 : 323-345

    Utilisations thérapeutiques

    Le cannabis participerait aux effets antinociceptifs (anti-douleur), en activant les récepteurs CB1 présents à la fois dans les structures du système nerveux central contrôlant la transmission de la douleur et au niveau des terminaisons nerveuses mêmes. Ceci a été validé chez l'animal pour différents types de douleur (thermique, mécanique et chimique). Ces effets antalgiques ont été les plus étudiés. Ils sont incontestables mais limités, inférieurs à ceux de la morphine (6).

    Le cannabis pourrait être intéressant dans le traitement des nausées et des vomissements induits par la chimiothérapie anticancéreuse, chez les patients réfractaires aux traitements anti-émétique. Cette propriété anti-nauséeuse, stimulant l'appétit semble être une aide notoire pour les malades atteints du Sida sous traitement.

    (6) Panorama du médecin. Lundi 17 septembre 2001 N° 4813)

    Historique :

    Pourquoi qualifie-t-on le cannabis de chanvre d'indien ?

    C'est parce que sa première mention en tant que drogue chamanique a été faite dans les très anciens textes védiques de l'Inde. Cultivé sur les pentes de l'Himalaya et les contreforts de la plaine Indo-Gangétique dès 3500 av.J.-C., le chanvre a atteint la Perse et les bords du Nil au début du 2ème millénaire av.J.-C.. La plante fut aussi très largement utilisée pour ses fibres résistantes, pour la confection de vêtements. Il a fait également partie de la pharmacopée de l'empereur chinois Sheng-Nung, vers 2737 av.J.-C., comme anesthésique sous le nom de " ma ".

    Si son usage fut surtout religieux chez les Scythes (VIè et Vè siècles av.J.-C.), il sera par contre politique chez les Ismaéliens. Jean sire de Joinville puis Marco Polo ont relaté à tour de rôle la Secte des Assassins (Haschischins) dirigée par le Vieux de la Montagne à partir de la forteresse persane d'Alamut et qui chargeait ses sectaires de missions guerrières après leur avoir fait prendre un mélange de cannabis, d'opium, de belladone et de mandragore. C'est lors d'une de ces missions que fut tué le Comte de Toulouse, chef de la Première Croisade. L'introduction du chanvre sur le continent américain s'est effectuée en 1547 par les Espagnols et s'est poursuivie tout au long du XVIIè siècle avec le trafic d'esclaves africains. Déclaré intoxiquant en 1886, il sera interdit pour la première fois en 1910 à la Nouvelle-Orléans, avant de connaître une prohibition fédérale en 1937. En France, son usage psychotrope se développe dès son introduction par l'armée de Bonaparte après l'expédition d'Egypte (1798). Vers 1840, Théophile Gautier crée le Club des Haschischins dont feront partie Delacroix, Nerval, Daumier, Baudelaire, Flaubert... Le cannabis est aussitôt utilisé sur le plan médical : chez les pestiférés en 1835 par le Dr Aubert-Roche et en 1845 par Moreau de Tours dans le traitement des affections mentales. La dérive toxicomaniaque du chanvre est tardive en Europe occidentale vers 1950 seulement. La France le prohibe dès 1953.

    Bibliographie

    (1) La revue du praticien - médecine générale. Tome 16 N° 561 du 28 janvier 2002

    (2) Florent FARGES in Mieux vivre, mode d'emploi sous la direction de S ; Angel Larousse psychologies magazine 2002 ; p 265)

    (3) Spear SF, Ciesla JR, Skala MA. Subs. Use end insuse, 1999 ; 34

    (4) Dr MURA, (CHU Poitiers) Prévalence de l'usage récent de psychotropes licites et illicites chez 900 conducteurs accidentés : comparaison avec 900 témoins.

    (5) Barnett G, Licko V, Hompson T. Behavioral pharmacokinetics of marijuana. Psychopharmacology 1985 ; 85 : 51-56
    Crancer A. Marihuana and simulated driving. Science 1969 ; 166 : 640
    Crancer A, Delay JM, Delay JC, Wallace JE, Haykin MD. Comparison of the effects of marihuana and alcohol on simulated driving performance. Science 1969 ; 164 : 851-854
    Milner G. Marihuana and driving hazards. The medical Journal of Australia 1977 ; 1 : 208-211
    Moskowitz H. Marihuana and driving. Accid Anal Prev 1985 ; 17 : 323-345

    (6) Panorama du médecin. Lundi 17 septembre 2001 N° 4813